par Claude T » 30 Août 2011, 10:55
Bonjour à toutes et tous.
Je débarque sur ce sujet sans trop en connaître la genèse. Si ce n'est que nous avions déjà évoqué l'idée d'une régie automatique.
J'aimerais, si vous le permettez, faire plusieurs commentaires, tant d'un point de vue marketing que d'un point de vue personnel.
Premièrement, je suis contre des publicités gratuites. Effectivement l'adhésion à Doona donne déjà des avantages aux associations. Il est possible d'étendre ses avantages, y compris largement.
En général les bannières publicitaires sont facturées au coût par clic. Sachant que le nombre de clics est, le plus souvent, un pouième du nombre d'affichages de la bannière. Et que les prix dépendent également de la notoriété (et donc du nombre de visites/jour) du site
En conséquence la facturation ou le privilège accordé aux membres (d'ailleurs pourquoi que les associations ?) devrait être défini en nombre d'affichage de la bannière.
Ceci me semble plus conforme à l'usage actuel sur le net. J'y reviendrais plus bas.
Petites précisions concernant les associations et les régimes fiscaux et sociaux.
Depuis de nombreuses années déjà de nombreuses associations réalisent des actes de commerces. Et c'est le critère essentiel pour définir si une association est assujettie ou nom aux impôts (TVA, Taxes sur les profits,etc). La seule règle intangible, étant qu'une association n'a pas le droit de redistribuer ses profits entre tout ou partie de ses membres. Il est même de plus en plus courant que des membres du bureau de certaines associations soient des salariés de la dite association. En général, la jurisprudence statue qu'en ce cas le poste occupé ne doit être en aucun cas relié aux fonctions, obligatoirement bénévoles, des membres du bureau.
Comme on le voit, depuis 1901, les associations ont fait beaucoup de chemin, et parfois la frontière entre une association et une entreprise est délicate à déterminer. D'ailleurs, pour rappel, il existe des associations mixtes, comme les associations d'insertions par exemple, qui bénéficient d'un statut tout à fait particulier, mais sont des entreprises à part entière, avec une vocation sociale forte (exemple les Jardins de Cocagne).
Concernant Doona, sur ce plan là il faut se cantonner à la règle des '4p' si mes souvenirs sont bons. Si l'intégralité des recettes (moins les charges de fonctionnement) est reversée à des associations humanitaire nous devrions avoir le champ à peu près libre.
Le plus aisé pour être fixé étant de se rendre dans une maison des associations, où des personnes spécialisées peuvent en général répondre à ce type de questionnement ; voire directement à la direction des impôts. Pardon pour cette digression un peu longue.
Venons en maintenant au coeur du sujet.
De mon humble opinion, le formulaire en question souffre de défauts majeurs.
1) la première case est la plus dure. Parler d'argent dès le début est dissuasif. C'est ce que l'on appelle en marketing un frein majeur.
2) Aucune explication sur le produit (les bannières, leur diffusion, le nombre, la durée, etc.
En d'autre terme ce formulaire pourrait convenir pour des dons libres, mais pas pour le but qui lui est assigné.
3) Il est nécessaire de rappeler à cet endroit précis la politique de Doona et l'utilité pour l'annonceur de publier sa publicité sur Doona.
a) parce que cela va lui rapporter des visites supplémentaires, de la visibilité et de la notoriété.
b) Parce qu'il soutient ainsi une action solidaire pour un monde (et un internet) plus soutenable humainement, socialement et écologiquement. (NB c'est du moins comme cela que je présenterais les choses, en gros).
4) Tout acte d'achat (ou de décision comme la simple souscription à un forum) suit un parcours en 4 à 5 étapes.
a) présentation des faits, des produits, des engagements réciproques (CGV ou CGU) et des prix.
b) L'internaute accepte ou refuse ce "contrat"
c) L'internaute ou le client donne ses coordonnées afin d'être identifié
d et e) validation du paiement ou de l'inscription avec, en général expédition d'un mail de confirmation qui récapitule les informations essentielles liées à cette "transaction" (même s'il s'agit de l'inscription à un forum.
Ce parcours a pour but de sécuriser le décisionnaire. Il donne un sérieux à la procédure, et rassure l'internaute qui est libre d'abandonner à tous moments.
5) Ce formulaire pêche à mon avis sur un gros point déjà partiellement évoqué ci-dessus.
Non seulement il est contre productif de mettre le champ "prix" en premier.
Mais de même, il me semble hasardeux et peu engageant de laisser la personne fixer elle même un prix, sans savoir ce qu'elle aura en retour.
Personnellement, je ne ferais pas confiance à un tel procédé. Sauf naturellement s'il s'agit de faire un don libre à une association.
Mais si je fais un don, je n'attends rien d'autre en retour que l'association oeuvre dans les buts qu'elle s'est définis.
Pour reprendre ce que je disais plus haut, une bannière publicitaire est facturée, en général au nombre de clics, voire au nombre d'affichages.
Dès lors, il faudrait proposer des formules du type "N x 1000 affichages pour M mois = Prix".
Quitte à ce que les prix soient vraiment faibles ; du moins au départ.
Contrairement à ce que l'on peut penser une trop grande liberté est souvent un frein à la décision.
Les gens aiment en général être encadrés, conduits, et surtout sécurisés.
Une technique de vente classique et très efficace est (je paraphrase et condense en fait 2 techniques en une) "la collecte des OUI dans l'entonnoir".
Concrètement il s'agit de faire dire oui au prospect un certain nombre de fois, avant de lui proposer la conclusion. Il aura alors plus de facilité à prendre sa décision.
L'entonnoir consiste à faire un certain nombre de questions fermées (deux réponses possibles maximum, le plus souvent oui ou non) pour le conduire en douceur vers la décision finale et lever ses freins et objections.
Pour clore ce paragraphe, et revenir sur la notion de prix, il me semble qu'il vaut mieux, au départ du moins, avoir un grand nombre d'annonceurs qui dépensent de petites sommes, que quelques uns qui assurent l'essentiel des recettes. D'une part cela nous donne une plus grande indépendance, d'autre part cela nous ouvre une cible bien plus large en terme d'annonceurs (petits producteurs bio, gites, campings, épicerie bio indépendantes, associations de toutes sortes, artistes, et vous pouvez allonger vous même la liste indéfiniment). Il suffit dans le processus d'inclure une acceptation obligatoire des CGV qui inclue la charte Doona pour éviter les dérives. Étant entendu que si une dérive est constatée, elle pourrait être sanctionnée.
Je suis bien conscient que nous sommes dans une association à but non lucratif qui a pour voeu d'aider les projets humanitaires, et que dès lors, mes propos peuvent sembler déplacés.
En fait il s'agit bien plus de psychologie que de marketing. Et s'ils vous restent le moindre doute sur l'utilité de ces méthodes, questionnez-vous sur celles utilisées par toutes les ONG pour récolter des dons. Vous verrez qu'elles sont bien plus pugnaces et finaudes que l'on pourrait benoitement le croire.
Pour conclure, et je m'adresse en priorité à Nicolas, je te prie de me pardonner ce qui pourrait te paraître être une charge agressive contre ton travail. Ce n'est absolument pas le cas, et j'espère que tu me fais confiance sur ce point.
Je m'efforce juste d'apporter mes humbles lumières en fonction des mes compétences, et de ce que la vie m'a appris.
Je suis extrêmement bavard, et je vous prie tous de bien vouloir me le pardonner, mais je m'efforce de détailler et d'argumenter mes propos pour le bénéfice de tous ; du moins je l'espère.
Pour conclure ; je crois que ce formulaire est un excellent départ, mais qu'il faut voir cette partie du site comme un processus, et non comme une simple page.
J'attends bien entendu vos commentaires et questions.
Amicalement
Claude
Claude
Graphiste et designer web